Le parfum du stage de Liège
« Chaque stage a son caractère, chaque parfum, son odeur, entame Vlasselaer Jean-Pierre, Renshi 6e dan au premier jour du stage de Liège, ce 1e février 2014. Mais, poursuit-il, si les ambiances sont différentes, les manières de travailler sont les mêmes. »
C’est ainsi que les quelques 35 participants à cette édition liégeoise ont commencé par tirer en Hitote Gyosha, par ordre croissant de grade. Les pratiquants des dojos de Liège, Lille, Anvers, Luxembourg, Bruxelles et Wavre se sont retrouvés autour des explications données par le sensei suite à cet exercice où il fut demandé à chacun de « faire la paix avec soi-même, de soigner le Taihai et de travailler nombres de points précis liés à l’ouverture de l’arc. »
Après avoir étudié en détail Yatori et Yumitori, ambiance décontractée pendant les pauses où les participants se sont régalés des préparations mitonnées principalement par les membres du dojo liégeois.
La seconde journée s’est ouverte sur un Yawatashi d’exercice exécuté par trois des stagiaires. Le travail amorcé la veille, s’est poursuivi, inspiré par l’image du vieil arbre qui nous a accueillis à l’entrée des lieux : puissant, blessé, cicatrisé et plus vivant que jamais, tendant ses bourgeons vers le printemps annoncé par les fleurs précoces du cerisier qui le côtoie. Vlasselaer sensei nous invita à approfondir le Tenouchi, les trois tiers de Daisan, le Nerai et le lâcher. La position des bras à Kai, les trois visées.
Le stage fut aussi l’occasion de s’interroger sur le rapport que chacun entretient avec la cible qui agit en tant que miroir. La Mato qui est là pour nous apprendre quelque chose sur nous-mêmes, raison pour laquelle nous la saluons et la remercions. La Mato qui nous permet de vérifier notre intention : tirer pour la toucher ou tirer pour nous toucher. L’absence totale de miroirs dans le dojo des Rivageois nous encouragea très certainement à cette intériorité.
Un sharei de cinq pratiquants conclut ces deux jours de recherche intensive, qui ne seront rien, rappelle Vlasselaer sensei, sans une pratique régulière au sein de chacun des dojos. Un fin croissant de lune accompagna notre retour de ce lieu un peu hors du temps, dépourvu d’horloges, où l’absence de lumière naturelle invite à l’introspection, au ressourcement, comme la terre en hiver. Ce lieu où chacun s’est vu mis au défi par les implacables lignes horizontales des murs. Ce lieu caractérisé aussi par la générosité. Mais la saveur de Liège serait-elle aussi celle d’un esprit un peu frondeur ? De celui qui invite à titiller ses limites ?
